Doute tu viens ?
28/10/06
Je me sens seule, vide, je suis un imposteur, je me trompe, je trompe les autres, je trompe la vie, je trompe...énorme et je mens. Mentir ou comment faire semblant de vivre...J'ai des mots plein la tête, plein la bouche. En-corps de la poésie à la bouche. Envie de me vomir, de couper ce corps à moitié. Marre. Tellement fatiguée de cette pantomime. Petit pantin, vois comme tu es ridicule à t'agiter ainsi sur une scène qui n'est pas faite pour toi. Rentre en coulisse, s'il te plaît...Noeud coulant, sur ce cou si lisse...
Dans Aide, Erri de Luca présente une jeune femme prête à s'offrir sur l'autel de la mort. Mais Il est là, il passe et se présente comme le futur sauveur ou le futur assassin d'une journée. Je vous sauve ou je vous tue mais passez cette journée en haute escalade avec moi...c'est ça le vrai pari. Oui, pouvoir faire confiance dans l'ultime minute, garder la possiblité de sauter dans le vide à chaque seconde qui reste sur cette prolongation de 24h....et ne pas avoir à le faire...parce que...faire l'expérience du vide comme plénitude...sauve. Mais ceux-là seuls qui ont le corps sur les parois peuvent avoir ce sentiment de la présence de toute chose et de soi en particulier. Moi, mes parois disparaissent souvent. Les parois du monde se dissolvent en même temps. Plus rien, que le vide vide. Heureusement le monde est réversible et mon corps aussi. Heureux vomissements qui scandent ce renversement. Récupération du monde, de ses contours, profusion des sens, regards dévorateurs qui absorbent l'infini pour ne perdre aucune miette de cette aura qui peut redisparaître à tout moment...emplissement sublime.
J'aime, Oh! Comme j'aime marcher à la clarté de la lune...le monde brille nuitamment et les étoiles scintillent dans mon coeur. Mon corps tout entier fusionne dans ce plafond sans murs. Je m'enivre de ce spectacle qui ne m'abandonne pas, me serre, me prend, me touche, m'emporte....Je marche en fermant les yeux et je vois encore plus. Mes paupières ne servent plus à cacher, elles sont l'écran de la révélation. Voir, voir profondément, contempler l'infini autour de soi et en soi. Les arbres se dessinent sur la toile de la nuit, sur cette toile cristalline du rideau de mes paupières fermées.
J'aime, Oh! Comme j'aime courir dans le petit matin brouillard aux teintes pastels. La toile se dégrade sous le pinceau d'un peintre invisible. Je cours, je cours. Exténuation, trop, trop , trop vite, trop pleine d'un coup. Je tombe. Fatigue.
Il faut que je le sache, il faut que je le demande. Mes mots fuient, je ne parviens pas à écrire, mes mains ne tiennent plus le stylo et ma langue s'entortille dans ma sonde. Peu importe, je force l'obstacle, j'ouvre mon cahier, prend mon stylo et le pose sur le premier carreau:
Fragments éparses d'une langue qui se refuse et se délite.
Idiotisme d'un idiolecte endiablé dans une course effrénée.
Réfreinée, jamais.
Sentiment diffus, confus de je ne sais quelle perte de soi dans une course qui me déçoit.
Escalade de l'angoisse, je m'entoure de ce qui me persécute: la nourriture, les calories, la balance...
Corps en latence.
Tu sais, sous la lune....une magnifique rangée d'arbres...Oeil numérique....jouir de ces instantanés bien vite dissous dans le rythme.
Marche/ Marche/Marche marche marche marche marche marche marche ...plus vite...marche marche marche....Ta langue se délie petit pantin dans l'overdose de l'activisme. Appuyez sur le bouton arrêt... non! Ne m'arrêtez pas...restez-là, au cas-où...je ne veux pas tomber, je veux juste ne pas m'arrêter et voir...Offrez-moi des stades, des étendues de déserts, je partirai et plus jamais ne cesserai ma course.
Plus que la faim, la soif...La langue encore. Sèche, blanche, pâteuse. Je mange et range le miroir.Il me manque la parole. Quand elle vient c'est de l'ininterrompu dans la course au sens, au symbole, ou au contraire, ça bégaie, ça hésite, ça veut mais ça résiste. Pas devant n'importe quel autre: l'hôte de ces mots mais jamais de mes maux. Douleurs inexprimables qui s'anesthésient dans le rythme du pied qui galope et du pied qui marche.Le monde énorme, immense, aux mille visages, aux mille possibles. Je veux, je vois, je peux, je me fouette et m'injecte du désir. Démentiel, sans bornes ni limites. Les mots viennent, les rêves avec. La conscience surgit, vorace, intime qui m'intime d'ouvrir l'autre oeil - celui de la Nuit- qui voit, qui voit tout. Disparaître toujours dans ce même entonnoir désespoir qui gave la terre de tous mes rêves qui s'infiltrent à leur tour dans les strates insodables d'un noyau déjà mort de savoir qu'il ne germera jamais. La langue s'agite dans ce gosier mouroir entonnoir. Le cri ne sort pas. Je vomis comme une pompe mais il n'y a rien de ce que je voudrais revoir- de ces rêves, de ces vies, de ces couleurs...Non, il n'y a que la mort et son odeur pestilentielle. Le monde se vide. Les arbres tombent, la lune se cache derrière les nuages sombres engloutis à leur tour dans la Nuit qui n'existe plus. Je suis seule. Statue catatonique, mutique, encore anxieuse du trop plein symbolique de ce passé proche et à venir. Je m'arrête, arrêtée par cet éclair de conscience, ce schisme qui pourfend le monde en deux, comme deux hémisphères. Cerveau vide, corps vide puni d'être avide. Le monde est vide. Volontaire donc dans cet acte de me vider...Laissez-m'en l'illusion sur cette scène marmoréenne. La seule maîtrise qu'il me reste pour me tenir sans socle; pour expliquer à l'autre, à l'hôte que je ne peux même plus parler. Parler du vide c'est une chose. Parler vide en est une autre où l'Autre n'entend pas, plus. Il force. Il ouvre la bouche. La langue s'est évanouie comme la Nuit, plus rien. Pas de parole. Pauvre rôle dont les doublures s'opposent, se superposent, s'imposent. C'est là que j'ai mal. A cet entrecroisement inouï où je me sens si seule dans la nuit.
Madame, parfois je crois, je crains, j'ai peur, que ce soir, que ce soit un début de psychose...ou une psychose qui n'ose pas se dire face à laquelle s'interpose la belle névrose de vingt ans, ce nerf rose qui m'a fait tenir jusque là dans la cécité de ma vraie nature, dans le socle des autres. Je vacille. J'accepte les ratures parce que j'ai peur...en suspension, points de suture...
J'ai besoin d'un guide, d'un sculpt'heures...Je repousse cette réalité, ce temps, ces heures et cette putain de balance mal calibrée ce matin qui m'a jugée plus grosse, plus loude de non sens. Mais heureusement l'horloger- juge au corps a recalibré la potence. Mon angoisse s'est apaisée après cette nouvelle pesée. J'ai perdu, je suis perdue....aidez-moi à ne pas me perdre plus. Je suis fatiguée Madame, mes larmes ne coulent plus, je garde en moi le sentiment océanique, je garde mes flots et mon horizon...Oh! Laissez-moi encore et toujours courir dans le brouillard du petit matin, la rosée du couchée lunaire. Je suis la névrosée qui doute de sa névrose. Laissez-moi marcher dans le soir sur la toile des étoiles qui se déploie jusqu'à moi ? Tapis de celui qui ose couvrir sa psychose...Serais-je la psychotique chaotique de cette antique erreur ? En attendant je suis cet imposteur qui ne peut pas se poser, qui ne peut que se poster à la fenêtre du monde. Trop vide et trop présente, je veux verrouiller ma bouche car j'ai peur, j'ai peur de l'entonnoir, il fait si noir...Je ne veux pas non plus me nourrir par le nez. Laissez-moi juste le vide du tuyau pour ne pas trop vomir mon monde. C'est mon cordon ombilical à l'air que je remplis parfois uniquement d'eau quand ça déborde. Je dois perdre dix kilos. Dis quel os sera le bon? Que je ne le lâche pas, que je ne le lâche plus.
Finalement j'ai pu écrire, un peu, mal, maladroitement, mais c'est écrit.
Névrose ou psychose...mon coeur est une balance tarée.
Coralie Adato @
Je me sens seule, vide, je suis un imposteur, je me trompe, je trompe les autres, je trompe la vie, je trompe...énorme et je mens. Mentir ou comment faire semblant de vivre...J'ai des mots plein la tête, plein la bouche. En-corps de la poésie à la bouche. Envie de me vomir, de couper ce corps à moitié. Marre. Tellement fatiguée de cette pantomime. Petit pantin, vois comme tu es ridicule à t'agiter ainsi sur une scène qui n'est pas faite pour toi. Rentre en coulisse, s'il te plaît...Noeud coulant, sur ce cou si lisse...
Dans Aide, Erri de Luca présente une jeune femme prête à s'offrir sur l'autel de la mort. Mais Il est là, il passe et se présente comme le futur sauveur ou le futur assassin d'une journée. Je vous sauve ou je vous tue mais passez cette journée en haute escalade avec moi...c'est ça le vrai pari. Oui, pouvoir faire confiance dans l'ultime minute, garder la possiblité de sauter dans le vide à chaque seconde qui reste sur cette prolongation de 24h....et ne pas avoir à le faire...parce que...faire l'expérience du vide comme plénitude...sauve. Mais ceux-là seuls qui ont le corps sur les parois peuvent avoir ce sentiment de la présence de toute chose et de soi en particulier. Moi, mes parois disparaissent souvent. Les parois du monde se dissolvent en même temps. Plus rien, que le vide vide. Heureusement le monde est réversible et mon corps aussi. Heureux vomissements qui scandent ce renversement. Récupération du monde, de ses contours, profusion des sens, regards dévorateurs qui absorbent l'infini pour ne perdre aucune miette de cette aura qui peut redisparaître à tout moment...emplissement sublime.
J'aime, Oh! Comme j'aime marcher à la clarté de la lune...le monde brille nuitamment et les étoiles scintillent dans mon coeur. Mon corps tout entier fusionne dans ce plafond sans murs. Je m'enivre de ce spectacle qui ne m'abandonne pas, me serre, me prend, me touche, m'emporte....Je marche en fermant les yeux et je vois encore plus. Mes paupières ne servent plus à cacher, elles sont l'écran de la révélation. Voir, voir profondément, contempler l'infini autour de soi et en soi. Les arbres se dessinent sur la toile de la nuit, sur cette toile cristalline du rideau de mes paupières fermées.
J'aime, Oh! Comme j'aime courir dans le petit matin brouillard aux teintes pastels. La toile se dégrade sous le pinceau d'un peintre invisible. Je cours, je cours. Exténuation, trop, trop , trop vite, trop pleine d'un coup. Je tombe. Fatigue.
Il faut que je le sache, il faut que je le demande. Mes mots fuient, je ne parviens pas à écrire, mes mains ne tiennent plus le stylo et ma langue s'entortille dans ma sonde. Peu importe, je force l'obstacle, j'ouvre mon cahier, prend mon stylo et le pose sur le premier carreau:
Fragments éparses d'une langue qui se refuse et se délite.
Idiotisme d'un idiolecte endiablé dans une course effrénée.
Réfreinée, jamais.
Sentiment diffus, confus de je ne sais quelle perte de soi dans une course qui me déçoit.
Escalade de l'angoisse, je m'entoure de ce qui me persécute: la nourriture, les calories, la balance...
Corps en latence.
Tu sais, sous la lune....une magnifique rangée d'arbres...Oeil numérique....jouir de ces instantanés bien vite dissous dans le rythme.
Marche/ Marche/Marche marche marche marche marche marche marche ...plus vite...marche marche marche....Ta langue se délie petit pantin dans l'overdose de l'activisme. Appuyez sur le bouton arrêt... non! Ne m'arrêtez pas...restez-là, au cas-où...je ne veux pas tomber, je veux juste ne pas m'arrêter et voir...Offrez-moi des stades, des étendues de déserts, je partirai et plus jamais ne cesserai ma course.
Plus que la faim, la soif...La langue encore. Sèche, blanche, pâteuse. Je mange et range le miroir.Il me manque la parole. Quand elle vient c'est de l'ininterrompu dans la course au sens, au symbole, ou au contraire, ça bégaie, ça hésite, ça veut mais ça résiste. Pas devant n'importe quel autre: l'hôte de ces mots mais jamais de mes maux. Douleurs inexprimables qui s'anesthésient dans le rythme du pied qui galope et du pied qui marche.Le monde énorme, immense, aux mille visages, aux mille possibles. Je veux, je vois, je peux, je me fouette et m'injecte du désir. Démentiel, sans bornes ni limites. Les mots viennent, les rêves avec. La conscience surgit, vorace, intime qui m'intime d'ouvrir l'autre oeil - celui de la Nuit- qui voit, qui voit tout. Disparaître toujours dans ce même entonnoir désespoir qui gave la terre de tous mes rêves qui s'infiltrent à leur tour dans les strates insodables d'un noyau déjà mort de savoir qu'il ne germera jamais. La langue s'agite dans ce gosier mouroir entonnoir. Le cri ne sort pas. Je vomis comme une pompe mais il n'y a rien de ce que je voudrais revoir- de ces rêves, de ces vies, de ces couleurs...Non, il n'y a que la mort et son odeur pestilentielle. Le monde se vide. Les arbres tombent, la lune se cache derrière les nuages sombres engloutis à leur tour dans la Nuit qui n'existe plus. Je suis seule. Statue catatonique, mutique, encore anxieuse du trop plein symbolique de ce passé proche et à venir. Je m'arrête, arrêtée par cet éclair de conscience, ce schisme qui pourfend le monde en deux, comme deux hémisphères. Cerveau vide, corps vide puni d'être avide. Le monde est vide. Volontaire donc dans cet acte de me vider...Laissez-m'en l'illusion sur cette scène marmoréenne. La seule maîtrise qu'il me reste pour me tenir sans socle; pour expliquer à l'autre, à l'hôte que je ne peux même plus parler. Parler du vide c'est une chose. Parler vide en est une autre où l'Autre n'entend pas, plus. Il force. Il ouvre la bouche. La langue s'est évanouie comme la Nuit, plus rien. Pas de parole. Pauvre rôle dont les doublures s'opposent, se superposent, s'imposent. C'est là que j'ai mal. A cet entrecroisement inouï où je me sens si seule dans la nuit.
Madame, parfois je crois, je crains, j'ai peur, que ce soir, que ce soit un début de psychose...ou une psychose qui n'ose pas se dire face à laquelle s'interpose la belle névrose de vingt ans, ce nerf rose qui m'a fait tenir jusque là dans la cécité de ma vraie nature, dans le socle des autres. Je vacille. J'accepte les ratures parce que j'ai peur...en suspension, points de suture...
J'ai besoin d'un guide, d'un sculpt'heures...Je repousse cette réalité, ce temps, ces heures et cette putain de balance mal calibrée ce matin qui m'a jugée plus grosse, plus loude de non sens. Mais heureusement l'horloger- juge au corps a recalibré la potence. Mon angoisse s'est apaisée après cette nouvelle pesée. J'ai perdu, je suis perdue....aidez-moi à ne pas me perdre plus. Je suis fatiguée Madame, mes larmes ne coulent plus, je garde en moi le sentiment océanique, je garde mes flots et mon horizon...Oh! Laissez-moi encore et toujours courir dans le brouillard du petit matin, la rosée du couchée lunaire. Je suis la névrosée qui doute de sa névrose. Laissez-moi marcher dans le soir sur la toile des étoiles qui se déploie jusqu'à moi ? Tapis de celui qui ose couvrir sa psychose...Serais-je la psychotique chaotique de cette antique erreur ? En attendant je suis cet imposteur qui ne peut pas se poser, qui ne peut que se poster à la fenêtre du monde. Trop vide et trop présente, je veux verrouiller ma bouche car j'ai peur, j'ai peur de l'entonnoir, il fait si noir...Je ne veux pas non plus me nourrir par le nez. Laissez-moi juste le vide du tuyau pour ne pas trop vomir mon monde. C'est mon cordon ombilical à l'air que je remplis parfois uniquement d'eau quand ça déborde. Je dois perdre dix kilos. Dis quel os sera le bon? Que je ne le lâche pas, que je ne le lâche plus.
Finalement j'ai pu écrire, un peu, mal, maladroitement, mais c'est écrit.
Névrose ou psychose...mon coeur est une balance tarée.
Coralie Adato @


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