Follia
Toujours ces doigts qui pianotent le fond de ma gorge soir après soir, nuit après nuit. Le son de mes dents qui mâchent, de mes dents qui claquent, et ça coule, coule ... c'est l'heure de la chasse à la femme. Les tempes galopent, le coeur se couche vaincu.
Soutenue par le vide retrouvé, je vole, survole mes partitions. Mon violon devient fou et mes doigts retombent en saccade sur les cordes. Devant la glace, mon visage est pâle, les expressions se cachent sous les notes. Je joue La Sol Fade et Malaise. La symphonie nocturne en sybille molle. J'ai mal...mal d'un épuisement qui ne se voit pas et que je vis - il y a de ça- tellement d'années....et que je vis seule. Soubresauts, spasmes, staccatto...j'insite sur la première. Silence, demi-silence, quart de silence. Violon fou, violon dingue, je suis calme devant ces touches que je pianote aussi, encore, en-corps trop là et pas assez "si". L'hypothèse improbable d'un futur qui s'efface et se gomme dans cet avancement d'être qui se refuse. C'est la chasse à la femme qui sonne tous les soirs. Si trise, si seule...Je voudrais jouer la Follia de Corelli...mais .... la corde a sauté...
Soutenue par le vide retrouvé, je vole, survole mes partitions. Mon violon devient fou et mes doigts retombent en saccade sur les cordes. Devant la glace, mon visage est pâle, les expressions se cachent sous les notes. Je joue La Sol Fade et Malaise. La symphonie nocturne en sybille molle. J'ai mal...mal d'un épuisement qui ne se voit pas et que je vis - il y a de ça- tellement d'années....et que je vis seule. Soubresauts, spasmes, staccatto...j'insite sur la première. Silence, demi-silence, quart de silence. Violon fou, violon dingue, je suis calme devant ces touches que je pianote aussi, encore, en-corps trop là et pas assez "si". L'hypothèse improbable d'un futur qui s'efface et se gomme dans cet avancement d'être qui se refuse. C'est la chasse à la femme qui sonne tous les soirs. Si trise, si seule...Je voudrais jouer la Follia de Corelli...mais .... la corde a sauté...


4 Comments:
Heureuse de te retrouver... Tu es restée si silencieuse Coralie et tant de temps !
C'est terrible... J'apprécie de te lire. Non pas par intérêt morbide ou par compassion dans ton combat (la compassion ne t'apportera rien...) Mais c'est magnifiquement écrit.
Etrange de te voir ici...je ne m'y attendais pas...hélas, la chute n'est pas terminée à croire qu'il n'y a jamais de fond dans cette eau là...
Merci pour ce passage furtif...je n'écris plus guère car les mots ici manque de relief...à croire que ce déficit touche toute ma personne...à force de creuser je risque de provoquer un éboulement.
Je n'ai plus tout à faire le même sourire que lors de ton passage...je suis un peu abîmée, trouée comme l'écrivait Michaux...
A bientôt peut-être...j'ai toujours la marque du toboggan sur le sacrum !!! Loool c'est un très bon souvenir malgré tout ! J'avais osé me laisser aller à être...petite et insouciante...
manqueNT...oh la faute !
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